Homologation VASP food truck : carte grise, permis et démarches
Un camion transformé en cuisine doit avoir une carte grise qui correspond à son usage : genre « VASP » (véhicule automoteur spécialisé) avec, le plus souvent, une carrosserie « magasin ». Avec le permis B, vous pouvez conduire un food truck dont le PTAC ne dépasse pas 3,5 tonnes ; pour une remorque, tout dépend du poids cumulé de la voiture et de la remorque (B, B96 ou BE).
VASP : de quoi parle-t-on ?
VASP signifie « véhicule automoteur spécialisé ». C’est le genre national qu’on attribue sur la carte grise à un véhicule aménagé pour un usage particulier : camping-car, ambulance, dépanneuse, et bien sûr camion boutique ou food truck. La carrosserie précise ensuite cet usage ; pour un food truck, on rencontre le plus souvent la mention « magasin ».
Concrètement, un fourgon vendu à l’origine comme utilitaire porte la mention « CTTE » (camionnette) ou « VP » sur sa carte grise. Dès qu’on y installe une cuisine fixe (plans de travail, appareils de cuisson, réservoirs, ouverture de service), on modifie ses caractéristiques. La réglementation impose alors de faire constater cette transformation et de mettre à jour la carte grise.
Pourquoi c’est important pour vous
- L’assurance : un véhicule dont la carte grise ne correspond pas à son état réel expose à des difficultés d’indemnisation en cas de sinistre.
- Les contrôles : en contrôle routier comme au contrôle technique, une transformation non déclarée peut entraîner une immobilisation ou une contre-visite.
- La revente : un food truck régularisé se revend plus facilement et plus cher. À l’achat, une carte grise non conforme doit faire baisser le prix ou vous faire renoncer.
Comment obtenir l’homologation VASP
Il existe deux voies, selon la manière dont le food truck a été aménagé.
Aménagement par un carrossier qui dispose d’une homologation
Les carrossiers spécialisés dans les food trucks travaillent généralement avec une homologation de leur transformation. Ils remettent à leur client les documents permettant de modifier la carte grise (attestation de transformation ou certificat de conformité). La démarche se fait ensuite en ligne sur le site de l’ANTS. C’est la voie la plus simple, et l’une des raisons pour lesquelles un camion aménagé par un professionnel reconnu vaut plus cher.
Aménagement par un particulier : la réception à titre isolé
Si le véhicule a été aménagé par son propriétaire ou par un artisan sans homologation, il faut passer par une réception à titre isolé auprès du service régional compétent (DREAL, ou son équivalent selon la région). Le dossier comporte en général :
- une description technique de la transformation, avec plans et photos ;
- les justificatifs de conformité des installations (gaz, électricité) ;
- une pesée récente du véhicule, essieu par essieu ;
- l’accord ou les prescriptions du constructeur du véhicule de base lorsque c’est nécessaire.
Le véhicule est ensuite présenté pour vérification. Les délais et le coût varient beaucoup selon la région et la complexité du dossier : de quelques centaines d’euros si tout est déjà conforme, à plusieurs milliers si des travaux de mise en conformité sont nécessaires. Le point bloquant le plus fréquent est le poids : un aménagement trop lourd ne peut pas être homologué sans être allégé.
Et pour une remorque food truck ?
Une remorque aménagée en cuisine doit, elle aussi, avoir une carte grise cohérente avec son usage (remorque spécialisée, carrosserie « magasin »). Les remorques vendues par des fabricants spécialisés sont livrées homologuées ; une remorque transformée artisanalement pose les mêmes questions qu’un camion. Rappel : une remorque dont le PTAC dépasse 500 kg doit avoir sa propre immatriculation, et au-delà de 750 kg elle doit être équipée de son propre système de freinage.
Le permis nécessaire pour un food truck
Pour un camion
Le permis B permet de conduire un véhicule dont le PTAC (rubrique F.2 de la carte grise) ne dépasse pas 3,5 tonnes. C’est pourquoi la grande majorité des food trucks sont construits sur des fourgons de 3,5 tonnes. Au-delà, jusqu’à 7,5 tonnes, il faut le permis C1, ce qui complique aussi le recrutement de vos futurs salariés.
Attention, c’est le PTAC inscrit sur la carte grise qui compte, pas le poids réel. Mais le poids réel ne doit jamais dépasser ce PTAC : un food truck de 3,5 tonnes déjà lourd à vide sera en surcharge une fois chargé. Faites-le peser avant l’achat.
Pour une remorque
Les règles dépendent du PTAC de la remorque et de la somme des PTAC de la voiture et de la remorque :
| Situation | Permis nécessaire |
|---|---|
| Remorque de PTAC inférieur ou égal à 750 kg | Permis B |
| Remorque de plus de 750 kg, somme des PTAC inférieure ou égale à 3 500 kg | Permis B |
| Remorque de plus de 750 kg, somme des PTAC comprise entre 3 500 kg et 4 250 kg | Permis B avec mention 96 (formation de 7 heures) |
| Somme des PTAC supérieure à 4 250 kg (remorque jusqu’à 3 500 kg) | Permis BE |
La formation B96 dure 7 heures dans une école de conduite, sans examen ; c’est l’inscription de la mention 96 sur votre permis, et non la seule attestation, qui vous autorise à conduire. Vérifiez aussi que votre véhicule tracteur peut tracter la remorque : le poids total roulant autorisé figure en rubrique F.3 de sa carte grise.
En pratique, une remorque food truck équipée dépasse souvent 750 kg. Faites le calcul avec la carte grise de votre voiture et celle de la remorque avant de signer : il serait dommage de découvrir après l’achat qu’il vous faut un nouveau permis ou un autre véhicule. Notre guide camion ou remorque vous aide à trancher.
Contrôle technique : quelles règles ?
Un food truck sur base de fourgon de 3,5 tonnes reste soumis au contrôle technique périodique, en règle générale au même rythme qu’un véhicule léger. Le contrôleur vérifie que le véhicule correspond à sa carte grise : une transformation non déclarée est un motif de contre-visite. Les remorques légères ne sont en principe pas soumises au contrôle technique périodique, ce qui ne dispense pas d’entretenir freins, pneus et attelage. En cas de doute sur votre cas précis, interrogez un centre de contrôle avant l’achat.
Les autres autorisations pour exercer
La carte grise ne suffit pas pour vendre. Avant votre premier service, prévoyez :
- La déclaration auprès des services vétérinaires (DDPP de votre département) pour toute activité de restauration.
- La formation en hygiène alimentaire : au moins une personne de l’équipe doit l’avoir suivie dans la restauration commerciale.
- La carte de commerçant ambulant, si vous vendez en dehors de la commune de votre siège. Elle coûte une trentaine d’euros et se renouvelle tous les quatre ans.
- Les autorisations d’emplacement : autorisation d’occupation du domaine public délivrée par la mairie, place de marché, ou accord écrit d’un propriétaire privé.
- Une licence si vous servez de l’alcool : un débit ambulant ne peut pas vendre de boissons de plus de 18 degrés, et la vente d’alcool obéit à des règles strictes.
- Une installation gaz et électrique conforme, idéalement vérifiée par un professionnel, avec extincteur adapté à bord.
Ce qu’il faut retenir à l’achat
- Lisez la carte grise : genre, carrosserie, PTAC, nom du titulaire.
- Faites peser le food truck pour connaître sa vraie marge de charge.
- Calculez le permis nécessaire, surtout pour une remorque.
- Demandez les justificatifs de l’aménagement et de l’installation gaz.
- Si la carte grise n’est pas à jour, faites chiffrer la régularisation avant de négocier.
Et comme pour tout achat, ne versez rien avant d’avoir vu le véhicule et ses papiers : nos conseils sont sur la page Acheter et vendre en sécurité. Vous pouvez ensuite comparer les camions food truck et les remorques en vente.
Frequently asked questions
Un food truck doit-il obligatoirement être homologué VASP ?
Un camion transformé en cuisine doit avoir une carte grise qui correspond à son usage, ce qui passe en pratique par le genre VASP et une carrosserie adaptée, souvent « magasin ». Sans cette mise à jour, vous vous exposez à des problèmes avec l’assurance, au contrôle technique et lors de la revente.
Quel permis faut-il pour conduire un food truck ?
Le permis B suffit pour un camion dont le PTAC ne dépasse pas 3,5 tonnes, ce qui est le cas de la plupart des food trucks. Au-delà et jusqu’à 7,5 tonnes, il faut le permis C1.
Quel permis pour tracter une remorque food truck ?
Le permis B suffit si la remorque pèse 750 kg ou moins en PTAC, ou si la somme des PTAC de la voiture et de la remorque ne dépasse pas 3 500 kg. Entre 3 500 et 4 250 kg, il faut la mention B96 après une formation de 7 heures ; au-delà, le permis BE.
Combien coûte une homologation VASP ?
Le coût dépend surtout de l’état du véhicule : de quelques centaines d’euros si l’aménagement est déjà conforme et documenté, à plusieurs milliers s’il faut refaire l’installation gaz, l’électricité ou alléger le véhicule. Faites chiffrer la régularisation avant d’acheter un food truck dont la carte grise n’est pas à jour.
Faut-il une carte de commerçant ambulant pour un food truck ?
Oui, dès que vous vendez en dehors de la commune où est domiciliée votre entreprise. Elle coûte une trentaine d’euros et est valable quatre ans.
Une remorque food truck passe-t-elle le contrôle technique ?
Les remorques légères ne sont en principe pas soumises au contrôle technique périodique. Cela ne dispense pas de les entretenir : freins à inertie, pneus, éclairage et attelage doivent rester en parfait état.
Updated on 13/10/2026